Moderne et audacieuse, Ségolène GABET insuffle une touche d'ancien dans des détails discrets et élégants. Un savoir-faire qui prend racine dans son histoire familiale où la dentelle et le goût des belles choses s'est affiné. Des matières nobles françaises, naturelles ou recyclées et un moment intime avec la mariée chez elle donne naissance à une robe unique adaptée à la mariée

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Ségolène, l’interview instagram

Photo Brune Photographie

La semaine dernière, j’ai laissé Lisa me poser quelques questions sur son compte instagram. L’occasion de me poser deux minutes et mettre des mots sur un parcours, des idées et surtout des valeurs.

1 – Quel est votre parcours ? Pourquoi avoir choisi de travailler dans la robe de mariée ?

Je suis née dans une famille d’ouvriers dans la dentelle du côté de ma mère et tisserand du côté de mon père. Le textile a pris une part importante dans ma vie dès le début. Toute petite, j’ai eu de la dentelle dans les mains et je me suis dirigée naturellement vers la mode sans vraiment me poser de questions. J’avais un savoir-faire inestimable dans les mains avec toute cette dentelle familiale et la robe de mariée était alors le plus beau moyen pour la mettre en valeur. Cela rassure mes mariées de savoir qu’elles peuvent me faire confiance sur le choix de leurs dentelles.

Créer mon entreprise était une idée qui avait commencé à germer au début de mon adolescence et j’ai voulu attendre la fin de mes études. Je me suis formé tout au long de mon adolescence à la couture jusqu’à terminer par un diplôme des métiers d’art qui m’assurait une forme de légitimité par rapport à mon histoire personnelle. Je suis donc aujourd’hui artisane d’art pour le spectacle vivant et pour la robe de mariée.

Photo Carolann Volmat

2- D’où vous vient votre passion pour la création textile ? 

Le textile est une histoire de famille, mais j’aurais très bien pu m’orienter vers autre chose. J’ai toujours aimé créer de mes mains. Je pense que j’aimais surtout le processus créatif et voir le résultat bien plus tard n’était pas forcément l’aboutissement. Encore maintenant, beaucoup de croquis restent en l’état.

3- vous proposez des robes éco-responsables. Pourquoi ? Comment ça traduit dans votre travail ? (contraintes, changement des méthodes de travail ?) 

Je voulais proposer une robe qui ne soit pas juste une parmi tant d’autres où ma mariée ne serait pas vraiment à l’aise. Je ressentais le besoin de créer une robe qui respire, dans des matières qui feraient la part belle aux savoir-faire français en redynamisant l’économie locale. Le Nord est une ancienne région textile qui se relance aujourd’hui, c’était donc tout trouvé. Je chine beaucoup (boutons, galons, tissus) et je réutilise les chutes d’anciennes robes pour les finitions ou les petits accessoires qui accompagnent une robe (trousseau de protection pour un kimono, une bourse pour les cérémonies laïques, etc.). Cela créait un cycle vertueux à mes yeux.

Comme je fais principalement du sur-mesure, j’évite également le stock de tissu dormant. Je n’ai chez moi, aucun rouleau de tissu et préfère acheter à mes soyeux à la coupe. C’est l’assurance d’avoir le métrage le plus juste en limitant les pertes. Enfin, certaines mariées n’aiment pas la soie (ou n’ont pas forcément le budget) et afin d’être en adéquation avec mes valeurs, je leur propose un polyester recyclé en provenance d’Italie.

Pour la prochaine collection 2021, j’aimerais insérer de nouveaux tissus biologiques afin de poursuivre ma démarche. En 2019 j’ai rejoint un collectif national : ATELIER 289 (et désormais international), qui promeut les prestataires du mariage écoresponsable dans le Nord. Cela me semblait nécessaire de rejoindre des consœurs et confrères qui partagent la même vision du monde du mariage et de la société.

Récemment, une mariée m’a demandé de coudre dans sa robe un morceau de la robe de mariée de sa grand-mère avec qui elle avait une relation particulière, cela m’a beaucoup émue. Et c’est exactement ce que je veux pour mes robes, qu’elles soient perçues comme un moment de vie à transmettre aux générations futures. On perd ainsi le côté « robe d’un jour qui va dormir dans une armoire » et qui devient plus qu’une simple robe. Finalement, mon côté responsable vient surtout de là. Transmettre.

4- que préférez-vous dans votre travail ? 

J’aime beaucoup le travail en amont. Celui de la recherche créative avec les inspirations, le bon choix de matériaux, trouver la bonne dentelle pour mettre en valeur le modèle ou la mariée. Il y a quelque chose de nouveau à chaque fois, comme une renaissance qui vous pousse à creuser encore plus profondément en vous.

La relation que je tisse avec mes mariées est aussi très importante pour moi. C’est la base même de mon travail et cela crée de beaux moments. Quand elles se découvrent dans leurs robes durant les essayages est véritablement magiques !

Photo Gregory Hau

5- quelles sont les choses qui vous inspirent ? 

Je fonctionne beaucoup sur le moment. Il m’arrive d’avoir des moments à vide et subitement un tissu, une photo des années 30 ou juste un geste va me faire réagir. Mais en cas de « panne », un bon vieux magazine de mode ancien est toujours là. Enfin, il y a tout simplement ma mariée. Son histoire et nos conversations m’aident beaucoup.

Propos recueillis par Lisa

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